Voyager et travailler

Un PVT en Corée du Sud pour Thomas

Curieuse de rencontrer une personne ayant effectué un PVT dans un pays un peu moins connu que l’Australie, le Canada ou la Nouvelle Zélande, j’ai proposé à Thomas de nous raconter son aventure en tant que pvtiste en Corée du Sud.

Je m’appelle Thomas, j’ai 31 ans. Je me définis comme un citoyen du monde et un poseur de questions. La plupart du temps, j’essaye d’allier l’utile à l’agréable. Ainsi, je voyage et je découvre le monde grâce au sport, notamment le football. Grâce à mon profil Staps, j’ai pu découvrir différents rôles durant mon parcours : animateur, éducateur, entraîneur au sein de différentes structures (colonies de vacances, écoles, associations, club de sport), que ce soit en France, au Canada ou en Corée du Sud.

Une première expatriation au Canada

En avril 2016, je recevais une offre de stage pour le Canada par le biais de l’office Franco-québecoise. En juin, j’arrivais sur le territoire pour une durée de 5 mois et je n’avais rien planifié de plus. C’était un emploi dans mon domaine, en tant qu’entraineur au sein d’un club de football. Au bout de quelques semaines, j’obtenais l’opportunité de prolonger l’expérience de deux années supplémentaires grâce au visa « Jeune-Pro ». Facilement accessible lorsqu’on possède un employeur.
Ce que j’avais surtout retenu de positif de cette expérience, c’était la richesse de l’expatriation. Bien que ma vie était très agréable, je voulais vivre autre chose.

A la recherche d’un dépaysement complet

Je venais de découvrir les PVT et nombreux d’entre-eux allaient m’être impossible après 31 ans. J’hésitais entre l’Océanie et l’Asie mais il me fallait quelque chose de vraiment différent du Canada. Curieux d’entraînement, d’enseignement et de pédagogie, je voulais aussi découvrir un autre système éducatif. Je voulais entraîner, enseigner à un autre public dans un nouvel environnement et développer de nouvelles méthodes

Mais aussi comprendre comment un si petit pays sans véritables ressources est devenu en seulement 60 ans, une des plus grandes puissances du monde avec notamment des marques comme Samsung, Hyundai, Kia ou encore LG.

Préparer son départ pour la Corée du Sud

Lorsque je fais ce choix en août 2019, je suis au Canada. La demande de PVT pour la Corée du Sud ne s’effectuait qu’en étant présent sur le territoire Français et ne prenait que quelques jours. La bonne période pour avoir un billet d’avion peu cher était octobre-novembre. Ainsi, je me donnais 2 mois pour revenir en France, faire les papiers et profiter de la famille et des amis que je n’avais pas vu depuis plusieurs mois. 

Je m’étais renseigné grâce au site Pvtistes qui explique très bien les démarches et un forum qui permet d’avoir accès à de nombreux retours d’expériences, en plus des groupes Facebook.
La demande ne fut pas compliquée, à part un détail. L’ambassade coréenne demandait de fournir un programme détaillé de l’année que j’envisageais de passer dans le pays (voyage, emploi, garanties financières…). Le PVT en Corée, c’est un visa qui permet de découvrir le pays avec une limite à 20h de travail maximum par semaine. Il est donc nécessaire de faire des recherches avant de se lancer dans cette aventure.

Une assurance de voyage est aussi nécessaire et doit être souscrite avant son départ en PVT.

Une année riche d'apprentissage et découvertes

Etre entraîneur de football en Corée du Sud

Depuis quelques années, je prends l’habitude de parler des projets que j’ai en tête et que je suis très motivé à réaliser. Pour celui-ci, j’étais déterminé. Comme cela s’était déjà passé pour le Canada, une fois de plus, un ami m’a partagé une publication Facebook qui mentionnait une opportunité de pouvoir entraîner en Corée du Sud. Ainsi, en prenant la direction du pays, j’avais un contact. Finalement, j’ai entrainé au sein de cette académie pendant 8 mois dans la ville traditionnelle d’Andong. Nous avons été un peu perturbé pendant quelques semaines en raison du coronavirus. C’était une académie de football anglophone qui permettait à de nombreux enfants, dans différentes villes de pouvoir allier découverte du football et apprentissage de l’anglais. Apprendre dans un environnement plaisant.
Suite à la pandémie, les circonstances se sont compliquées. Nous avons mis fin au contrat.

Des voyages et du volontariat

Sur les 4 derniers mois de mon expérience, j’ai notamment réalisé un séjour à vélo à travers une bonne partie de la Corée du Sud pendant plus d’un mois.
Également 2 expériences de volontariat grâce au site workaway dont l’objectif était d’échanger en anglais avec des coréens qui souhaitaient développer leurs compétences dans ce domaine.

Le covid a rendu la situation professionnelle difficile

Bien que la Corée du Sud ait particulièrement bien géré la pandémie, il n’a pas été simple dans mon cas à Andong d’intervenir tout seul dans mon académie de football. Alors que les autres employés ont fait le choix de retourner dans leur pays, nous n’arrivions pas à faire venir des entraîneurs étrangers pouvant parler anglais.  Lorsque j’ai demandé à quitter mon emploi, cela m’a été refusé. La situation s’est ensuite compliquée et il a fallu gérer avec les instances juridiques en Corée du Sud, d’autant plus en coréen.

Néanmoins, j’ai pu pendant cette période intégrer une équipe de football située à Andong qui se nomme Amigo FC. Le manager de l’équipe a notamment été d’un grand soutien durant cette période, m’accompagnant notamment dans mes démarches juridiques en Coréen. A tel point que j’ai été ravi de pouvoir être convié à son mariage qui aura lieu à la fin du mois de novembre.

La découverte du 6ème sens Coréen

Le Nunchi 눈치. Il n’y a pas d’équivalent en France pour une traduction simple et parfaite. J’explique cela de façon ironique comme le 6ème sens Coréen. Selon moi, c’est une  faculté que la majorité des coréens ont de faire attention à leur environnement, à ce qui les entoure en toutes circonstances. Anticiper ce qui pourrait arriver, être à l’écoute des autres et même une disposition à se mettre à la place des autres. Cela change les rapports et les interactions. 


Une anecdote que j’aime bien partager s’est déroulée durant le jour de l’an. Dans une guesthouse, je partageais un repas avec des coréens. Alors que je finissais de déguster une partie du repas, j’eu à peine le temps de déposer ce que j’avais en main que ma voisine, à qui je n’avais pas encore adressé la parole de la soirée, me tendait des essuies-tout que je ne trouvais pas sur la table. J’avais la sensation que cette personne avait anticipé le fait que j’allais être dans la nécessité. Cette sensation s’est répétée à de nombreuses reprises avant que finalement je mette la main sur cette notion. Pour conclure, on parle de nunchi eoptta (눈치 없다), soit absence de nunchi, pour expliquer certaines maladresses d’une personne. Et généralement, ce n’est pas très bien perçu.

Les conseils de Thomas pour un séjour en Corée du Sud

La vie quotidienne en Corée

C’est un pays qui se développe très vite. La guerre, la colonisation du Japon reste dans les souvenirs des coréens. Un véritable impact dans le développement du pays durant les 50 dernières années. Notamment dans l’uniformisation du pays. Pendant mon voyage, j’ai eu l’impression qu’une bonne partie du pays se ressemblait.

En considérant que c’est un petit pays, il est très simple de se déplacer. Que cela soit entre les villes grâce à l’omniprésence des gares routières ou au sein même des villes en bus ou en métro. Notamment en détenant le carte « T-Money » que je considère comme indispensable. 

Apprendre le coréen n’est pas indispensable. Mais pouvoir notamment le lire est un plus au quotidien. Avant de partir, en un mois grâce à l’application Duolingo, j’avais acquis l’alphabet et j’étais en mesure de pouvoir le lire. Le français est apprécié mais peu le parle, il est tout de même préférable d’avoir au moins quelques bases en anglais. Sinon, google translate ou l’application Papago devraient être très utile. A noter également que Global Séoul Center propose des cours de coréen gratuits pour les étrangers. Nombreux sont les étrangers qui passent quelques semaines à Seoul afin d’y apprendre les bases avant de commencer le voyage à travers le pays.

Les applications mobiles utiles en Corée

En parlant d’application, il faut savoir que la Corée du Sud possède son propre moteur de recherche, Naver et ses propres applications. Kakaomap pour se déplacer, Kakaonavi comme GPS, KakaoTaxi et également KakaoTalk qui est le réseau de communication numéro 1 au pays du matin calme. Communiquer avec ses amis, créer des groupes d’internationaux mais aussi pour chercher du travail ou échanger avec son employeur.

Astuces pour rechercher un emploi en Corée

Le site numéro 1 c’est Craiglist. Il y a quelques opportunités. L’idéal est de rechercher à Séoul. Il y a des possibilités en tant que caucasien pour intervenir dans des films, faire de la figuration, des photos.
Des possibilités existent dans la photographie, la réalisation de montages vidéos… Des partenariats avec des groupes locaux.
Les coréens investissent beaucoup dans l’éducation de leurs enfants. Notamment pour l’anglais et le français. Même s’il est interdit d’enseigner l’anglais sans le bon visa, il y des opportunités en cas de bonnes connaissances pour des séances privées ou en groupe. Et la langue française possède encore très bonne réputation auprès des coréens. Il y a également des possibilités dans la restauration mais il est recommandé d’avoir quelques bases de Coréen. 

Les sites Workaway, HelpX fonctionnent très bien en Corée du Sud. Ces expériences de volontariat offrent parfois de faibles revenus mais permettent surtout d’avoir accès à des opportunités très variées, de découvrir la culture coréenne tout en étant logés et souvent nourri.

Quelques bonnes adresses

Mes derniers mois à Busan ont été très agréables, notamment grâce aux plages d’Haeundae, Gwangalli et Songjeong Beach. De nombreuses activités y sont possibles (paddle, surf en autres).  Durant mon séjour à vélo, je retiens surtout la ville de Tongyeong où j’ai particulièrement apprécié les quelques jours que j’ai pu y passer. Une ville portuaire entourée de plusieurs centaines de petites îles dont certaines habitables. A noter également que durant ce PVT, tous les musées que j’ai pu faire étaient gratuits (musées d’art, musées d’histoire).

En savoir plus sur Thomas et sur son aventure...

Durant mon aventure, j’ai développé un fort intérêt pour l’écriture. Je cherchais une méthode pour mémoriser mes découvertes. Ainsi, j’ai partagé mon quotidien en Corée du Sud de façon régulière sur une page Facebook au nom de  « Footballagogie », une façon de découvrir un peu plus la Corée du Sud. 

Découvrir le podcast de Thomas.

Article et photos : Thomas

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Thomas, citoyen du monde et questionneur.

Se faire accompagner pour son retour en France, c’est possible !

 

Tu as des questions concernant le retour en France ou la recherche d’emploi, je t’invite à me contacter pour me parler de ta situation et convenir d’un accompagnement personnalisé.

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