Voyager et travailler

Audrey en service volontaire européen (SVE) en République Tchèque

J’ai eu la chance de rencontrer Audrey lors de mon périple en Australie. Elle nous raconte l’une de ses aventures : un service volontaire européen en République Tchèque, désormais appelé Corps volontaire européen.

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Je m’appelle Audrey, j’ai 28 ans et je suis originaire de la Charente Maritime. En 2011, après une première année assez catastrophique en fac de droit de La Rochelle, j’ai pris la décision de mettre fin à ce cursus et de me tourner vers un nouveau projet. Quelque chose qui me tiendrait plus à cœur. Mais quoi ? Et par où commencer ?

Partir mais pour quel projet ?

Je souhaitais me rendre utile tout en voyageant. L’humanitaire me paraissait trop ambitieux, trop compliqué, et trop cher également. Partir seule avec mon sac à dos ? Sûrement un peu trop risqué du haut de mes 19 ans. Il me fallait trouver un programme encadré et accessible financièrement et également en termes de mission.

Effectuer un Service Volontaire Européen (SVE) en République tchèque

 

C’est à ce moment-là que j’ai entendu parler du Service Volontaire Européen (SVE). Ce programme mis en place par la Commission Européenne est désormais encadré par Erasmus +, qui permet à des jeunes de 18 à 30 ans de partir réaliser une mission de volontariat, entre 2 et 12 mois, dans un pays européen.

La première étape était de trouver une structure d’envoi, pour m’accompagner dans mes recherches de mission et pour me soutenir dans les démarches administratives. L’une des structures d’envoi près de chez moi était à l’époque le Foyer des Jeunes Travailleurs de La Rochelle, Horizon Habitat Jeunes. J’ai alors rencontré le coordinateur du programme européen et commencé les différentes démarches : CV et lettres de motivation en anglais, recherche de volontariat, entretiens avec les structures d’accueil.

Pendant 3 mois, j’ai pris le temps de monter mon dossier et de me renseigner un maximum sur chaque projet. Mon anglais était très limité à l’époque, et avoir cet accompagnement a été un réel soutien. Après avoir passé plusieurs entretiens par Skype, j’avais finalement trouvé une structure d’accueil avec une mission qui me parlait : animatrice dans un accueil de jour pour enfants en République Tchèque, dans une petite ville à  l’est du pays, sur la frontière polonaise. Cesky Tesin.

J’avais pris contact avec ma structure d’envoi en avril, pris quelques mois pour faire les démarches. La prochaine Commission Européenne pour valider les départs était programmée pour fin Septembre. Une fois la confirmation reçue, tout s’est accéléré. Et le 5 décembre 2011, j’arrivais à Cesky Tesin.

Mon expérience en République Tchèque

Quelle aventure ! Le premier mois n’a pas été facile. La distance avec ma famille et mes difficultés en anglais étaient parfois éprouvantes, mais une fois la période de noël passée, j’ai eu un vrai déclic. J’ai commencé mes cours d’anglais et de tchèque, j’ai pris confiance en moi et j’ai organisé mes premiers ateliers pour les enfants du centre. Ma structure d’accueil m’avait également proposé de monter mes petits projets personnels, en plus de la mission principale. Je m’étais alors tournée vers l’échange interculturel en organisant des soirées d’échange avec les locaux, des ateliers de cuisine française avec des étudiants en cuisine, des cours de français pour les enfants, ainsi que la création d’un blog pour garder une trace de tous ces échanges.

J’ai eu la chance de rencontrer de supers jeunes en SVE avec qui voyager. Nous avons pris quelques jours de vacances pour visiter les villes ou chacun faisait sa mission, mais aussi les capitales des pays voisins, comme Budapest, Vienne et Bratislava. Mon projet de rencontre interculturelle m’a également permis de rencontrer pas mal de locaux, qui avec le temps sont devenus de vrais amis. Ils ont pris le temps de me faire découvrir les alentours, et d’organiser quelques weekends en Pologne pour visiter Katowice, Cracovie et le camp de concentration d’Auschwitz. La rencontre de toutes ces belles personnes par le biais de mes ateliers et ces voyages avec eux sont probablement les plus beaux souvenirs de mon volontariat.

Les avantages du service volontaire européen

 

Expérience professionnelle :

Le SVE est un programme de volontariat qui n’a pas de but professionnalisant, mais il reste tout de même possible de mettre en avant les compétences apprises lors de notre mission. La structure d’accueil peut également s’engager à écrire une lettre de recommandation pour nos futurs employeurs.

Echange culturel :

La mission de volontariat permet réellement une immersion culturelle. Si vous avez de la chance, vous ne serez pas le seul volontaire dans la structure, ou dans votre ville, et vous pourrez partager votre quotidien avec d’autres volontaires européens. Le SVE met également en place 2 séjours pour les volontaires arrivés dans le même pays à la même période. Le premier est un séjour d’accueil d’une semaine, où vous aurez la chance de rencontrer d’autres jeunes en SVE et de partager vos parcours et expériences. Le second est un séjour de préparation au retour. Vous serez avec le même groupe de jeunes et vous pourrez faire le bilan de votre expérience, quelques mois avant votre retour en France.

Apprendre une nouvelle langue :

Non seulement, vous pourrez améliorer votre anglais, mais vous pourrez également apprendre la langue du pays dans laquelle vous serez ! Dans mon cas, ma structure d’accueil avait un petit budget pour me payer des cours d’anglais, tchèque et de polonais. J’ai pu en bénéficier et cela m’a vraiment permis de communiquer beaucoup plus facilement avec les enfants du centre, le personnel et les locaux.

Le côté humain :

Je pense que c’est le point le plus important de ce programme. La rencontre des autres mais aussi de soi-même. Vous aurez l’occasion de rencontrer plein de personnes de parcours différents, vivant parfois des vies bien différentes des vôtres. Mais également de vous découvrir un peu plus personnellement. A tout juste 19 ans, le SVE m’a permis de me révéler, de savoir qui j’étais.

L’aspect financier :

Le SVE prend en charge une grande partie du transport aller et retour. Il met aussi de l’argent de poche à disposition des volontaires. Cette somme est fixée par la Commission Européenne. La structure d’accueil doit également s’engager à mettre un logement à disposition du volontaire.

Les inconvénients du Service volontaire européen

 

Difficile à trouver… Comme chaque programme, il se peut que certaines structures d’accueil ou certaines missions soient moins bien encadrées ou sérieuses. Il parait difficile de le voir avant d’arriver. C’est un risque à prendre. Mais un risque qui je pense vaut le coup. Les démarches peuvent parfois être assez longue, compte tenu des dates fixées par la Commission Européenne et de la disponibilité de votre structure d’envoi. C’est un projet qui nécessite une vraie préparation et qui ne peut pas se mettre en place en quelques semaines seulement.

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L’après et le retour en France

Une fois le moment difficile du départ passé, l’aventure ne s’arrête pas là. Vous rencontrerez de nouveau votre structure d’envoi, avec qui vous ferez un bilan de votre expérience. Vous pourrez également devenir tuteur de jeunes européens en volontariat près de chez vous si vous le souhaitez. Dans mon cas, je me suis rapprochée des structures d’informations de mobilités européenne, pour prendre part à différents échanges sur le SVE : des séances d’informations auprès de jeunes intéressés, des retours d’expériences, etc.

Ce que cette expérience a changé pour moi

 

Cette expérience a été à l’époque, la plus révélatrice de qui j’étais et du potentiel que j’avais en moi. Suite à mon retour, je me suis tournée vers des études d’animation sociale, éducative et socio-culturelle. J’ai également travaillé plusieurs années dans le domaine du volontariat européen et de la solidarité internationale. Le SVE a été une porte d’entrée pour mon projet professionnel.

Des conseils pour réussir son service volontaire européen

 

Si j’avais un conseil à donner à quelqu’un intéressé par le SVE, ça serait de ne pas douter de soi. Lors d’un volontariat, la structure n’attend pas de vous que vous soyez diplômé dans un domaine qui se rapproche de votre mission. Elle n’attend pas non plus que votre anglais soit parfait ou que vous maitrisiez leur langue. Ce volontariat a pour but de permettre d’expérimenter de nouvelles choses, de découvrir une nouvelle culture et de grandir. Laissez-vous une chance !

Quelques tips sur la République Tchèque

J’ai continué à voyager en Europe après mon retour de SVE, et la République Tchèque fait toujours partie de mon top 3 ! Vous n’avez pas besoin d’un gros budget pour profiter des petites merveilles de ce pays.

Prague : à faire et à refaire. Vous ne vous en lasserez jamais. Cesky Krumlov est un petit village au sud du pays. A voir absolument !

A ajouter à votre voyage : Parpubice, Brno, Olomour et Karlovy Vary.

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Audrey, professionnelle du médico-social et installée au bout du monde.

Se faire accompagner pour son retour en France, c’est possible !

 

Tu as des questions concernant le retour en France ou la recherche d’emploi, je t’invite à me contacter pour me parler de ta situation et convenir d’un accompagnement personnalisé.

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